
Une enquête de l'Association nationale des DRH (ANDRH) chiffre à 10 % la part des employeurs ayant déjà réduit leurs recrutements de juniors et d'alternants sous l'effet de la montée en puissance de l'intelligence artificielle. Un signal encore minoritaire, mais suffisant pour que l'association appelle cette semaine ses adhérents à la mobilisation.
Depuis plusieurs mois, la crainte d'un effet de l'intelligence artificielle sur l'emploi des jeunes circulait surtout sous forme d'anecdotes et de témoignages isolés. L'ANDRH lui donne cette semaine une traduction chiffrée. Interrogeant un panel de 210 directeurs des ressources humaines parmi ses 6 400 adhérents, l'association établit que 10 % des employeurs répondants ont déjà réduit leurs recrutements de juniors et d'alternants en réaction à la montée en puissance des outils d'IA générative dans leurs organisations.
Le chiffre peut sembler modeste. Il n'en constitue pas moins, pour l'ANDRH, un signal d'alerte : il s'agit d'un mouvement déjà engagé, et non d'une simple anticipation, dans une association qui représente l'essentiel des grandes fonctions RH françaises.
Pourquoi la panique gagne l'étage des DRH
Ce résultat s'inscrit dans un contexte social déjà tendu pour l'insertion professionnelle des jeunes. Le taux de chômage des 15-24 ans s'est nettement dégradé sur la période récente, et plusieurs études sectorielles pointent un recul spécifique de l'emploi des juniors dans les métiers les plus exposés à l'automatisation par l'IA générative : rédaction de contenus, support client, analyse de documents, développement informatique de premier niveau.
Pour les DRH, l'enjeu dépasse la seule ligne budgétaire du recrutement. Moins de postes d'entrée signifie moins de viviers pour la relève, un affaiblissement des filières d'alternance sur lesquelles beaucoup d'entreprises s'appuient pour former leurs futurs cadres, et un risque de rupture générationnelle dans la transmission des compétences internes.
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Bon à savoir ● Le panel interrogé (210 répondants sur 6 400 adhérents) reste déclaratif et non exhaustif : il traduit une tendance perçue par les DRH, pas une mesure macroéconomique de l'emploi des jeunes. ● L'ANDRH articule cette enquête avec ses travaux plus larges sur l'intégration de l'IA générative en entreprise et sur les parcours d'intégration des jeunes talents. |
La mobilisation annoncée par l'ANDRH
Face à ce résultat, l'association nationale des DRH a choisi cette semaine de passer à la mobilisation de son réseau. L'objectif affiché : éviter que ce début de repli des recrutements juniors ne se transforme en phénomène de masse, avec le risque d'une génération durablement écartée de l'entrée dans la vie active. L'ANDRH invite ses groupes locaux et ses adhérents à partager leurs pratiques, à objectiver plus finement l'impact de l'IA sur leurs propres recrutements, et à porter le sujet dans le dialogue social et auprès des pouvoirs publics.
Cette séquence s'inscrit dans la continuité des travaux menés par l'association sur l'intégration de l'IA générative en entreprise, qui soulignaient déjà que l'adoption des outils d'IA par les organisations françaises avait pris de vitesse leur capacité à adapter les parcours d'intégration des jeunes talents.
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Points de vigilance ● Ne pas transformer une prudence budgétaire ponctuelle sur le recrutement junior en politique RH non assumée : la traçabilité des motifs de non-recrutement peut devenir un enjeu de dialogue social. ● Un recul des recrutements en alternance fragilise aussi le financement de la formation professionnelle et l'image employeur de l'entreprise auprès des jeunes diplômés. ● Les fonctions les plus exposées (rédaction, support, analyse de premier niveau) sont aussi celles par lesquelles beaucoup de jeunes diplômés faisaient historiquement leurs preuves : leur réduction appelle à repenser les portes d'entrée dans l'entreprise, pas seulement à les supprimer. |
Ce que cela signifie concrètement pour les DRH
Au-delà du constat, l'enquête invite les directions RH à s'interroger sur plusieurs leviers :
● Objectiver, poste par poste, l'impact réel de l'IA sur les tâches confiées aux juniors avant toute décision de réduction des embauches.
● Maintenir des trajectoires d'alternance et de stage, y compris en les réorientant vers des missions à plus forte valeur ajoutée humaine.
● Anticiper le sujet dans les instances de dialogue social, en particulier au sein du CSE, où la question de l'IA et de l'emploi devient un thème récurrent.
● Documenter la politique de recrutement junior de l'entreprise pour prévenir tout risque de contentieux ou de discrimination indirecte liée à l'âge ou à l'expérience.
Publié le 17 septembre 2026
Rédigé par Officiel RH
Source : Enquête menée par l'ANDRH auprès de ses adhérents entre le 25 juin 2026 et le 31 juillet 2026. 220 répondants, professionnels RH d'entreprises de toutes tailles et de tous secteurs d'activité en France : https://www.andrh.fr/presse/communique/landrh-alerte-sur-des-entreprises-qui-preferent-lia-a-lemploi-des-jeunes-generations
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